le rapprochement d'allah

Publié le par salsabila

 

 

abd al qadir al jilani

Si tu te trouves dans un état donné, n’en choisis pas un autre, ni plus élevé ni moins élevé.
Si tu te trouves à la porte du palais du Roi, ne choisis pas d’y entrer avant d’y être obligé. Je désigne par « obligation », une chose puissante, certaine et renouvelée. Ne te contente pas d’une simple permission d’entrer ; cela pourrait s’avérer une ruse ou tromperie de la part du Roi. Patiente plutôt jusqu’à te trouver contraint d’entrer.
La faveur en reviendra alors au Roi, qui ne pourra te punir de l’avoir fait. Dans le cas contraire, tu t’exposes au châtiment consécutif à un mauvais choix et à ton envie capricieuse, à ton impatience et ton manque d’adab ; en un mot à ta carence dans le contentement de l’état qui est le tien.

Lorsque enfin tu accèdes au palais, sois humble, baisse les yeux, respecte les convenances (adab), accomplis ce qui t’est prescrit, sans chercher à te hisser au sommet sublime.
Allah  dit : « Ne fais pas attention aux profits que nous laissons à certains ; c’est le clinquant de cette vie pour les tenter, mais les dons de ton Seigneur sont meilleurs et plus durables » (Coran 20, 131). C’était là une éducation à l’usage de son Prophète  choisi concernant le maintien de l’état présent et la satisfaction de la chose reçue, selon Sa Parole : « Les dons de ton Seigneur sont meilleurs et plus durables ». ce qui signifie : « Ce que Je t’ai donné du bien, de la prophétie, de la science du contentement, de la patience, de la direction de la religion, des expéditions est préférable à ce que J’ai donné à d’autres en ces matières, et meilleur ».

Le bien tout entier réside dans la préservation de l’état présent, la satisfaction qu’on en éprouve et le renoncement à se tourner vers un autre état. D’ailleurs, ce dernier serait nécessairement soit ta part déjà allouée, soit celle d’autrui. Ou alors ce ne serait la part de personne, créée par Allah  pour éprouver Ses serviteurs.
S’il s’agit de ta part, elle te parviendra, que tu le veuilles ou pas. Tu ne dois pas laisser paraître de manque de convenances ni d’envie dans sa recherche. Cela est blâmable selon le témoignage même de la raison.
Maintenant, s’il s’agit de la part réservée à autrui, ne te fatigue pas à chercher ce que tu n’obtiendras jamais.
Si finalement il s’agit d’une épreuve, et non d’une part revenant à quiconque, comment l’être doué de raison approuverait-il la recherche d’une épreuve et accepterait-il de l’attirer à soi ?

Ainsi se trouve établi que le bien tout entier et la sauvegarde résident dans la préservation (consciente) de l’état actuel.

Si tu es ensuite élevé à la chambre supérieure puis au toit, demeure bien comme nous l’avons mentionné dans l’humilité, le contentement et le respect des convenances. Il est même exigé que tout cela soit accru de ta part. car tu te trouves plus proche de l’ombre protectrice (Il s’agit de la présence du Roi. A remarquer ce symbolisme de l’ombre qui figure la projection d’une réalité supérieure sur la terre), donc exposé au danger.

Ne souhaite pas être déplacé plus haut ni plus bas ; ne recherche ni la permanence ni le changement. Tu ne dois avoir absolument aucune préférence, cela serait une ingratitude (kufr) envers le bienfait de cet état présent. Or l’ingratitude précipite dans l’humiliation tant dans ce monde que dans l’autre.

Agis toujours comme nous te le disons, jusqu’à ton élévation à un état qui deviendra pour toi immuable. Tu sauras alors qu’il s’agit d’un pur don divin dont les indices et les explicitations seront manifestes -adhères-y fermement et ne le quitte plus.

Les états sont l’apanage des Saints (awliya’), les stations celles des abdâl-s. et c’est Allah  qui se charge de te guider.

(Extrait de l’ouvrage : L’Accès au Mystère chez Albouraq, p.44.......abd al qadir al jilani 

Publié dans le soufisme (tassawof)

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